mardi 31 décembre 2013

Plus values du 29 décembre 2013

Dans une décision du 29 décembre 2013, le Conseil constitutionnel, saisi notamment sur l’article 27 de la loi de Finances pour 2014, censure les dispositions qui suppriment les abattements pour durée de détention pour les plus-values des cessions de terrains à bâtir. La loi de Finances pour 2014 a donc été publiée au Journal Officiel du 30 décembre 2013 en intégrant ces modifications.
Rappel :


Dans son article 27, la loi de Finances pour 2014 supprimait la prise en compte d’abattements pour durée de détention pour le calcul de la plus-value imposable issue d’une cession de terrain à bâtir.
Cette suppression devait intervenir pour toute cession (acte authentique de vente) passée à compter du 1er mars 2014.
Dans une décision du 29 décembre 2013(1), le Conseil constitutionnel a jugé que le fait d’assujettir les plus-values issues de la vente de terrains à bâtir à l’impôt sur le revenu (19%) et aux prélèvements sociaux (15,5%) sans tenir compte ni du délai écoulé depuis l’acquisition, ni de l’érosion monétaire, et en n’appliquant aucun abattement, « conduit à déterminer l’assiette de ces taxes dans des conditions qui méconnaissent l’exigence de prise en compte des facultés contributives des contribuables intéressés ; que dans ces conditions, les dispositions de l’article 27 contestées portent atteinte à l’égalité devant les charges publiques ».
Ainsi, les terrains à bâtir ne sont plus exclus de l’application des abattements pour durée de détention.


Par ailleurs, ce même article 27 modifiant l’application des abattements pour durée de détention pour les cessions de biens immobiliers, pour aboutir à une exonération au bout de vingt-deux années pour la partie impôt (19%) et de trente années pour les prélèvements sociaux (15,5%), ces dispositions semblent s’appliquer désormais également aux ventes de terrains à bâtir.
Par conséquent, il semblerait qu’à compter du 31 décembre 2013, date l’entrée en vigueur de la loi de Finances pour 2014(2), les abattements applicables aux ventes de terrains à bâtir soient les suivants :
- Pour la partie impôt (19%) :
      · 6 % pour chaque année de détention au-delà de la 5ème
      · 4 % au titre de la 22ème année de détention.

- Pour les prélèvements sociaux (15,5%) :
      · avant la 6ème année : 0%
      · de la 6ème à la 21ème année : 1,65% par année de détention
      · la 22ème année : 1,60%
      · de la 23ème à la 30ème année : 9% par année de détention

vendredi 18 octobre 2013

Plus values immobilières et abattements



Depuis le 1er janvier 2013, le régime d’imposition des plus-values générées par la cession d’un bien immobilier a été remanié à de nombreuses reprises, notamment concernant les abattements applicables. Ces nombreuses modifications ont fait l’objet de brèves parues sur ce site. Nous nous proposons ici de récapituler ces divers changements, avec des exemples de calcul.


I - Cessions intervenant au plus tard le 31 août 2013

Régime applicable aux immeubles bâtis

Depuis le 1er février 2012, les biens immobiliers, qu’ils soient bâtis ou non, bénéficient pour le calcul de l’impôt sur les plus-values générées par leur cession d’abattements pour durée de détention qui aboutissent à une exonération au bout de trente ans. Ce régime a fait l’objet d’une brève du 26 septembre 2011.

Ces abattements, calculés en fonction du nombre d’années de détention (à la date anniversaire), sont les suivants :

- 2 % par année de détention au-delà de la 5e

- 4 % par année de détention au-delà de la 17e

- 8 % par année de détention au-delà de la 24e


Exemple 1 (cession avant le 1er septembre 2013)
Un bien a été acquis par le vendeur le 27 avril 2003 pour un prix de 100 000 € et est revendu le 30 avril 2013 pour 140 000 €. Il a donc possédé le bien pendant dix ans, ce qui revient à un abattement pour durée de détention de 10 %. La plus-value imposable se calcule comme suit :
1 ) Calcul de la plus-value brute (PVB) Prix de vente – Prix d’acquisition
Soit : 140 000 – 100 000 = 40 000 €
2 ) Calcul de la plus-value nette (PVN) ou plus-value imposable PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 40 000 - (40 000 x 10 %) = 40 000 – 4 000 = 36 000 €
3 ) Calcul de l’imposition
a ) IR
PVN x 19 %
Soit : 36 000 x 19 % = 6 840 €
b ) Prélèvements sociaux PVN x 15,5 %
Soit : 36 000 x 15,5 % = 5 580 €
Soit au total : 6 840 + 5  580 = 12 420 €

II - Cessions intervenant à compter du 1er septembre 2013

Biens immobiliers autres que des terrains à bâtir

A compter du 1er septembre 2013, le taux et la cadence de l’abattement pour durée de détention sont modifiés, afin d’aboutir à une exonération d’impôt sur les plus-values (IR à 19 %) au bout de 22 ans. Étant précisé que concernant les prélèvements sociaux (15,5 %), cette exonération ne serait effective qu’au bout de trente ans, par le jeu d’un abattement spécifique. Ces dispositions ont fait l’objet d’une brève du 6 août 2013.

Ainsi, pour l’impôt sur les plus-values, l’abattement pour durée de détention est de :

- 6 % par année de détention au-delà de la 5e et jusqu’à la 21e

- 4 % pour la 22e année

En revanche, les prélèvements sociaux bénéficient de l’abattement suivant :

- 1,65 % par année de détention au-delà de la 5e et jusqu’à la 21e

- 1,60 % pour la 22e année

- 9 % par année de détention au-delà de la 22e


Important :

Cependant, nous attirons votre attention sur le fait que les ventes de biens immobiliers autres que les terrains à bâtir bénéficient en outre d’un abattement exceptionnel de 25 % lorsqu’elles sont signées entre le 1er septembre 2013 et le 31 août 2014.

Cet abattement étant calculé sur la plus-value imposable, c’est-à-dire après application des abattements pour durée de détention.


Exemple 2 (cession entre le 1er septembre 2013 et le 31 août 2014)
Un bien a été acquis par le vendeur le 27 septembre 2003 pour un prix de 100 000 € et est revendu le 30 septembre 2013 pour 140 000 €.
Il a donc possédé le bien pendant dix ans, ce qui revient à un abattement pour durée de détention de 30 % pour l’impôt (19 %), d’une part, et à un abattement pour durée de détention de 8,25 % pour les prélèvements sociaux (15,5 %) d’autre part. La plus-value imposable se calcule comme suit :
1 ) Calcul de la plus-value brute (PVB) Prix de vente – Prix d’acquisition
Soit : 140 000 – 100 000 = 40 000 €
2 ) Calcul de la plus-value nette (PVN) ou plus-value imposable
a) Pour l’IR
PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 40 000 – (40 000 x 30 %) = 40 000 – 12 000 = 28 000 €
b ) Pour les prélèvements sociaux PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 40 000 – (40 000 x 8,25 %) = 40 000 – 3 300 = 36 700 €
3 ) Abattement exceptionnel de 25 %
a ) Pour l’IR
PVN – Abattement exceptionnel
Soit : 28 000 – (28 000 x 25 %) = 28 000 – 7 000 = 21 000 €
b ) Pour les prélèvements sociaux PVN– Abattement exceptionnel
Soit : 36 700 – (36 700 x 25 %) = 36 700 – 9 175 = 27 525 €
4 ) Calcul de l’imposition
a ) IR
PVN (après abattement exceptionnel) x 19 %
Soit : 21 000 x 19 % = 3 990 €
b ) Prélèvements sociaux PVN (après abattement exceptionnel) x 15,5 %
Soit : 27 525 x 15,5 % = 4 266 €
Soit au total : 3 990 + 4 266 = 8 256 €

 


Exemple 3 (cession à compter du 1er septembre 2014)
Un bien a été acquis par le vendeur le 27 septembre 2004 pour un prix de 100 000 € et est revendu le 30 septembre 2014 pour 140 000 €.
Il a donc possédé le bien pendant dix ans, ce qui revient à un abattement pour durée de détention de 30 % pour l’impôt (19 %), d’une part, et à un abattement pour durée de détention de 8,25 % pour les prélèvements sociaux (15,5 %), d’autre part. La plus-value imposable se calcule comme suit :
1 ) Calcul de la plus-value brute (PVB) Prix de vente – Prix d’acquisition
Soit : 140 000 – 100 000 = 40 000 €
2 ) Calcul de la plus-value nette (PVN) ou plus-value imposable
a) Pour l’IR
PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 40 000 – (40 000 x 30 %) = 40 000 – 12 000 = 28 000 €
b ) Pour les prélèvements sociaux PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 40 000 – (40 000 x 8,25 %) = 40 000 – 3 300 = 36 700 €
3 ) Calcul de l’imposition
a ) IR
PVN x 19 %
Soit : 28 000 x 19 % = 5 320 €
b ) Prélèvements sociaux PVN x 15,5 %
Soit : 36 700 x 15,5 % = 5 688 €
Soit au total : 5 320  + 5 688  = 11 008 €


III - Surtaxe sur les plus-values importantes (supérieures à 50 000 €)

Depuis le 1er janvier 2013, une surtaxe est applicable sur la fraction des plus-values immobilières supérieures à 50 000 €. Ce dispositif a été détaillé dans une brève du 19 juillet 2013. Elle se cumule avec les différents changements d’abattement pour durée de détention susvisés.


Exemple 4 (cession avant le 1er septembre 2013)
Un bien a été acquis par le vendeur le 27 avril 2003 pour un prix de 100 000 € et est revendu le 30 avril 2013 pour 250 000 €. Il a donc possédé le bien pendant dix ans, ce qui revient à un abattement pour durée de détention de 10 %. La plus-value imposable ainsi que la surtaxe se calculent comme suit :
1 ) Calcul de la plus-value brute (PVB) Prix de vente – Prix d’acquisition
Soit : 250 000 – 100 000 = 150 000 €
2 ) Calcul de la plus-value nette (PVN) ou plus-value imposable PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 150 000 – (150 000 x 10 %) = 150 000 – 15 000 = 135 000 €
3 ) Calcul de l’imposition
a ) IR
PVN x 19 %
Soit : 135 000 x 19 % = 25 650 €
b ) Prélèvements sociaux PVN x 15,5 %
Soit : 135 000 x 15,5 % = 20 925 €
4 ) Surtaxe sur les plus-values élevées
La plus-value imposable étant de 135 000 €, d’après le barème de la surtaxe, cette dernière est applicable au taux de 3 %
Soit : 135 000 x 3 % = 4 050 €
Soit au total : 25 650 + 20 925  + 4 050  = 50 625 €

 


Exemple 5 (cession entre le 1er septembre 2013 et le 31 août 2014)
Un bien a été acquis par le vendeur le 27 septembre 2003 pour un prix de 100 000 € et est revendu le 30 septembre 2013 pour 250 000 €.
Il a donc possédé le bien pendant dix ans, ce qui revient à un abattement pour durée de détention de 30 % pour l’impôt (19 %), d’une part, et à un abattement pour durée de détention de 8,25 % pour les prélèvements sociaux (15,5 %), d’autre part. La plus-value imposable se calcule comme suit :
1 ) Calcul de la plus-value brute (PVB) Prix de vente – Prix d’acquisition
Soit : 250 000 – 100 000 = 150 000 €
2 ) Calcul de la plus-value nette (PVN) ou plus-value imposable
a) Pour l’IR
PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 150 000 – (150 000 x 30 %) = 150 000 – 45 000 = 105 000 €
b ) Pour les prélèvements sociaux PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 150 000 – (150 000 x 8,25 %) = 150 000 – 12 375 = 137 625 €
3 ) Abattement exceptionnel de 25 %
a ) Pour l’IR
PVN – Abattement exceptionnel
Soit : 105 000 – (105 000 x 25 %) = 105 000 – 26 250 = 78 750 €
b ) Pour les prélèvements sociaux PVN – Abattement exceptionnel
Soit : 137 625 – (137 625 x 25 %) = 137 625 – 34 406 = 103 219 €
4 ) Calcul de l’imposition
a ) IR
PVN (après abattement exceptionnel) x 19 %
Soit : 78 750 x 19 % = 14 962 €
b ) Prélèvements sociaux (15,5 %) PVN (après abattement exceptionnel) x 15,5 %
Soit : 103 219 x 15,5 % = 16 000 €
5 ) Surtaxe sur les plus-values élevées
La plus-value imposable pour l’impôt sur les plus-values (19 %) étant de 78 750 €, d’après le barème de la surtaxe, cette dernière est applicable au taux de 2 %.
Soit : 78 750 x 2 % = 1 575 €
Soit au total : 14 962 + 16 000 + 1 575 = 32 537 €



 

Exemple 6 (cession à compter du 1er septembre 2014)
Un bien a été acquis par le vendeur le 27 septembre 2004 pour un prix de 100 000 € et est revendu le 30 septembre 2014 pour 250 000 €.
Il a donc possédé le bien pendant dix ans, ce qui revient à un abattement pour durée de détention de 30 % pour l’impôt (19 %), d’une part, et à un abattement pour durée de détention de 8,25 % pour les prélèvements sociaux (15,5 %), d’autre part. La plus-value imposable se calcule comme suit :
1 ) Calcul de la plus-value brute (PVB) Prix de vente – Prix d’acquisition
Soit : 250 000 – 100 000 = 150 000 €
2 ) Calcul de la plus-value nette (PVN) ou plus-value imposable
a) Pour l’IR
PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 150 000 – (150 000 x 30 %) = 150 000 – 45 000 = 105 000 €
b ) Pour les prélèvements sociaux PVB – Abattement pour durée de détention
Soit : 150 000 – (150 000 x 8,25 %) = 150 000 – 12 375 = 13 625 €
3 ) Calcul de l’imposition
a ) IR
PVN x 19 %
Soit : 105 000 x 19 % = 19 950 €
b ) Prélèvements sociaux PVN x 15,5 %
Soit : 137 625 x 15,5 % = 21 332 €
4 ) Surtaxe sur les plus-values élevées
La plus-value imposable pour l’impôt sur les plus-values (19 %) étant de 105 000 €, d’après le barème de la surtaxe, cette dernière est applicable au taux de 3 % auquel il convient d’appliquer un « lissage » :
Plus-value imposable x 3 % – (110 000 – Plus-value imposable) x 1/10
Soit : 105 000 x 3 % – (110 000 – 105 000) x 1/10 = 2 650 €
Soit au total : 19 950 + 21 332 + 2 650 = 43 932 €


Source: FNAIM

vendredi 4 octobre 2013

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lundi 12 août 2013

Quel régime fiscal pour votre société civile immobilière ?

En tant que propriétaire, vous avez peut-être créé (ou vous envisagez de créer) une société civile immobilière : cette structure juridique peut, en effet, se révéler appropriée pour préparer une transmission anticipée de votre patrimoine ou gérer un bien locatif en commun avec vos enfants. Gare toutefois à opter pour le bon régime fiscal.
> Des objectifs divers
Bon nombre de particuliers ont recours à une société civile immobilière pour organiser juridiquement la détention et la gestion d’un patrimoine immobilier entre plusieurs personnes, notamment avec leurs enfants. Cette structure permet, en effet, d’éviter l’indivision, puisque chaque associé est propriétaire de parts de la SCI, qui détient le patrimoine immobilier.
A condition de rédiger des statuts adaptés, le gérant (en général l’un des deux parents) peut donc contrôler la société et vendre le patrimoine de la SCI comme il le souhaite, sans avoir besoin de l’unanimité pour chaque décision, comme dans une indivision.
Cette structure offre aussi des avantages en matière de transmission. La SCI permet d’étaler dans le temps la transmission de ses parts aux enfants, en bénéficiant du renouvellement tous les 15 ans de l’abattement de 100.000 euros sur les donations. Cerise sur les gâteaux : en tant que gérants, les parents peuvent même, en pareille situation, continuer à gérer (ou vendre) leurs biens immobiliers, comme ils l’entendent.
En terme fiscal, la SCI affiche un avantage en terme d’ISF, car l’administration fiscale admet que les associés peuvent minorer la valeur des parts de SCI, la décote pouvant atteindre 30%, car elles sont moins liquides qu’un logement détenu en direct.
> Impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenus ?
Gare toutefois, à choisir le bon régime fiscal. Les revenus des SCI familiales peuvent être soumis soit à l’impôt sur le revenu (IR), soit à l’impôt sur les sociétés. Jusqu’ici l’écrasante majorité des contribuables optaient pour la première solution. Sauf que l’instauration d’une tranche marginale à 45% rend les calculs plus compliqués. De nombreuses familles commencent à donc s’interroger, d’autant qu’il est possible de changer de régime, y compris si vous avez déjà créé votre SCI. Nos explications pour comprendre ces enjeux fiscaux.
Les SCI soumise à l’impôt sur le revenu : dans ce cas, votre SCI est dite "transparente", cela signifie que tous les revenus locatifs nets de charges (intérêts d’emprunt, assurances, travaux de rénovation, frais de gestion locative, taxe foncière,…) encaissés par la SCI sont taxés, chaque année, au taux marginal d’imposition de chaque associé. Et ce, que ces revenus soient distribués, ou conservés dans la SCI, pour assurer sa trésorerie.
Les prélèvements sociaux de 15,5% sont dus en plus sur ces sommes. Le principal avantage de ce statut, est que la SCI bénéficie du régime fiscal des plus-values qui s’applique aux particuliers. Ainsi, si elle cède un bien après 30 ans de détention (ce délai devrait passer à 22 ans à partir du 1er septembre), elle ne paie aucun impôt de ce type. Et si elle le vend avant cette période, les plus-values bénéficient d’un abattement pour délai de détention (variable selon la durée) et sont ensuite imposées à 19% avec en plus 15,5% de prélèvements sociaux.

La SCI est soumise à l’impôt sur les sociétés : avec ce second régime fiscal, la SCI est dite « opaque », cela signifie que tous les revenus locatifs nets qu’elle encaisse sont imposés, chaque année, à l’impôt sur les sociétés. Avantage : une société imposée à l’IS peut déduire de ses recettes l’amortissement du bien immobilier (calculé selon des règles comptables, en général sur 25 ans) et les frais d’acquisition des biens (frais de notaire et éventuels frais d’agence si le logement a été acheté via un professionnel). Pour un montant de loyers encaissés équivalent, une SCI à l’IS dégagera donc un revenu net taxable plus faible qu’une SCI à l’IR, puisque le montant des charges déductibles est plus important. Jusqu’à 38.120 euros, le bénéfice annuel (qui correspond aux revenus locatifs une fois tous les frais déduits) est taxé à 15%, puis à 33,33% au-delà de ce plafond. Notez également que les associés des SCI ne paient d’impôt sur le revenu sur ces bénéfices que l’année où ils se les distribuent. Ils sont donc exonérés temporairement de cette taxation s’ils capitalisent les revenus sur leur compte courant d’associé dans la société.
Ce statut n’est toutefois pas la martingale absolue, d’abord parce que les associés devront payer l’impôt sur le revenu sur les sommes placées au moment où ils les récupèrent. Second désavantage de la SCI à l’IS : la taxation des plus-values est nettement moins favorable. Car si la SCI cède un bien immobilier, le montant de la plus-values se calcule sur une base comptable, c’est-à-dire une fois réintégrés tous les amortissements déduits les années précédentes des revenus locatifs… En outre, les plus-values sont taxées au barème de l’IS (à 15% jusqu’à 38.120 euros, puis à 33,33% au-delà), soit un taux plus élevé qu’à l’IR.
Alors quel régime fiscal choisir ? Il n’y a pas de réponse unique à cette question, tout dépend de vos objectifs, de votre âge et de la composition de votre patrimoine. Ainsi, si vous êtes très fortement imposé, mais que vous prévoyez une chute de vos revenus, le statut à l’IS peut être intéressant. En effet, durant votre période d’activité, vous être exonérés d’IR sur vos revenus locatifs : pour cela, il suffit de les conserver dans la SCI sur votre compte courant d’associé, sans vous les distribuer. Cette option est impossible avec une SCI imposée à l’IR, puisque dans cette structure, les revenus sont taxés chaque année à votre taux marginal d’imposition, qu’ils soient distribués ou non.
Autre intérêt d’engranger ces bénéfices sans y toucher : une fois que vos revenus auront chuté, au moment de votre retraite par exemple, vous pourrez puiser dans cette « tirelire » pour récupérer des revenus complémentaires. Ces derniers seront alors imposés à votre taux marginal d’imposition, plus faible.
Autre exemple : si vous êtes certain de ne pas conserver votre bien immobilier sur une longue période, mais de le revendre au bout de cinq ou dix ans, vous profiterez moins de l’avantage de la fiscalité des plus-values à l’IR, et aurez peut-être intérêt à passer à l’IS.
Si vous avez des doutes, consultez un avocat fiscaliste ou un expert comptable, qui pourra vous aider à faire des simulations et donc à mesurer l’impact du changement de taxation. Bon à savoir : si vous êtes déjà propriétaire d’une SCI imposée à l’IR, vous pouvez opter pour l’IS, mais dans ce cas le choix est irréversible

Source: Capital.fr
                

Autorisations d’urbanisme : ce qui change en cas de litige

L’ordonnance du 18 juillet 2013 relative au contentieux de l’urbanisme définit les conditions nécessaires pour agir contre une autorisation d’urbanisme. Elle permettra au titulaire du permis attaqué de modifier sa demande en cours de procédure jusqu’à ce qu’elle soit conforme aux règles d’urbanisme. Le texte ouvre aussi la voie à une possible demande d’indemnité en cas de procédure abusive.
« Intérêt des personnes à agir »
Pour agir contre un permis de construire, d’aménager ou de démolir, deux conditions devront être remplies :
  • la construction, l’aménagement ou les travaux devront affecter directement les conditions d’occupation, d’utilisation ou de jouissance du bien de la personne qui conteste le permis,
  • la personne qui conteste le permis doit posséder ou occuper régulièrement le bien concerné (le jour du recours ou plus tard).
Raccourcir les délais de procédure
L’ordonnance instaure un dispositif qui permettra au titulaire du permis d’apporter les modifications pour assurer la légalité de l’autorisation de permis, sans reprendre la procédure dans son ensemble.
Prévenir les recours abusifs
  • si le recours est abusif et lui cause un préjudice excessif, le titulaire du permis pourra demander au juge administratif saisi du recours de condamner la personne qui conteste le permis à lui verser des dommages et intérêts,
  • si, en contrepartie d’une somme d’argent ou d’un avantage en nature, la personne qui conteste le permis se désiste de son recours, la transaction devra faire l’objet d’un enregistrement auprès de l’administration fiscale.
Ces dispositions entreront en vigueur le 19 août 2013 et seront applicables aux procédures en cours.
 
Source: service-public.fr

Terrains à bâtir : l’imposition sur les plus-values promet d’être salée l’an prochain

Les propriétaires, détenant des terrains à bâtir depuis plusieurs années, sont dans le collimateur du gouvernement. Dès l’an prochain, les abattements sur les plus-values accordés en fonction de la durée de détention de foncier devraient être purement et simplement supprimés. De quoi faire flamber la note comme le montrent nos simulations.
Trois mois après avoir été retoquée par le Conseil constitutionnel, la mesure refait surface. En fin de semaine dernière, François Hollande a réitéré sa volonté de réformer en profondeur l’imposition des plus-values de terrains à bâtir. Dès le 1er janvier 2014, les abattements sur les plus-values accordés en fonction de la durée de détention de foncier seront supprimés. Seules les opérations dont la promesse de vente a été signée avant le 31 décembre 2013 conserveront le bénéfice du régime actuel. Objectif : inciter les propriétaires à vendre au plus vite pour libérer des terrains et favoriser la construction de logements.
Pour rappel, les plus-values réalisées sur les terrains à bâtir sont actuellement taxées à 19%. En y rajoutant les prélèvements sociaux (15,5%), le taux d’imposition atteint toujours 34,5%. Les propriétaires bénéficient, par ailleurs, d’un abattement sur la plus-value pour durée de détention : de 2% par an entre la sixième et la dix-septième année de détention, puis de 4% par an au-delà de la dix-septième année, et enfin de 8 % chaque année au-delà de vingt-quatre ans. Ce qui conduit donc à une exonération totale au bout de 30 ans.
Pour mesurer l’impact que pourrait avoir la suppression de ces abattements, nous avons réalisé plusieurs simulations. Cette réforme s’annonce comme un coup de massue pour les propriétaires de terrains à bâtir
Cas numéro 1 :
Terrain acheté 100.000 euros en mars 1998 et mis en vente aujourd’hui à 200.000 euros. La plus value est de 100.000 euros, et le bien est détenu depuis 15 ans.
> En vendant le terrain avant le 31 décembre 2013, le propriétaire paiera :
- Montant imposable au taux de 19% :
L’abattement pour durée de détention est de (15-5 ans) x 2 % = 20 %
La plus-value imposable est donc de 100.000 euros x (100 – 20) % = 80.000 euros
Les impôts dus après abattement un montant dû s’élève à : 80.000 euros x 19% = 15.200 euros
- Montant imposable aux prélèvements sociaux au taux de 15,5 % :
Abattement pour durée de détention : (15-5) x 2 % = 20 %
Le montant des prélèvements sociaux est donc de 100.000 x (100 - 20) % x 15,5 % = 12.400 euros.
Ce qui porte au global l’imposition sur la plus-value à : 15.200 + 12.400 = 27.600 euros
> En vendant le terrain à compter du 1er janvier 2014, le propriétaire paiera :
- Montant imposable au taux de 19% :
100.000 euros x 19% = 19.000 euros
- Montant imposable aux prélèvements sociaux au taux de 15,5% :
100.000 euros x 15,5% = 15.500 euros
Ce qui porte au global l’imposition sur la plus-value à : 19.000 + 15.500 = 34.500 euros
=> Au total, le propriétaire paiera donc 6.900 euros d’impôt supplémentaire s’il cède son terrain en 2014.
Source: Capital.fr